27.05.20

Permalink 08:44:37, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Les maîtres du XXe siècle: Jean Cocteau & Louis Aragon avec Pierre Dumayet

Louis Aragon et Jean Cocteau, avec Pierre Dumayet. Voilà de la grande télévision. C’est autre chose que le flot d’âneries qui se déversent dans les cerveaux abîmés par la bêtise savamment entretenue par les gérants de la communication qui préfèrent un pays de moutons de Panurge à des rebelles totalement indomptables. Pierre Dumayet, grand serviteur de la culture. Serviteur, pas servant.

“Le drame de notre temps, c’est que la bêtise se soit mise à penser”
Jean Cocteau

Ce trait d’esprit m’est revenu lors d’une récente tempête dans un verre d’eau.

26.05.20

Permalink 09:05:13, Catégories: GRAND MONSIEUR, ANQUETILLEMENT  

Coppi, Anquetil et Armstrong. Même combat

Le cyclisme est un sport à part.
Le vocabulaire sur le dopage existe dans son jargon.
Un âne ne devient pas pur sang.
Coppi a dit qu’il prenait de la Bomba (amphétamines) et il ajoutait que ceux qui disent ne pas en prendre sont des menteurs.
Anquetil a dit qu’il avait des fesses qui ressemblaient à un écumoire, et que ceux qui croient que l’on gagne avec de l’eau claire sont des imbéciles.
Armstrong a usé des armes pharmaceutiques de son temps. Comme d’autres mais comme il a gagné, il fallait l’abattre car en plus il n’est pas Français.
Si un Français avait remporté 7 Tours il serait ministre des sports.
Armstrong a évite les graves chutes qui font perdre. Le dopage n’y est pour rien.
C’est l’un des plus grands cyclistes de l’Histoire.
Ceux qui le harcèlent feraient bien de se pencher sur les produits utilisés par les champions du monde français de football 1998 qui jouaient alors en Italie.
Armstrong sert de punching-ball. Il masque le reste de la forêt.
Depuis lui, Ulrich et Pantani, le cyclisme n’a plus jamais eu de coureurs qui font vibrer.
Armstrong est toujours critiqué: il gagne, on lui crache dessus; il parle vrai, on le flingue !

25.05.20

Permalink 10:25:46, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, HENDRIXEMENT  

Jean-Loup Dabadie (1938-2020) suit Michel Piccoli

L’Italien. Paroles, Jean-Loup Dabadie. Musique: Jacques Datin (1920-1973). Serge Reggiani a été habillé sur mesure par Jean-Loup Dabadie.

Jean-Loup Dabadie (1938-2020) n’était pas écrivain. Où sont ses livres ?
C’est sans doute pour ça qu’il voulait entrer à l’Académie française.
Cocteau, Pagnol et Kessel ont été au quai Conti, mais aussi Pétain et VGE.
Dabadie a été un superbe écrivant. C’est mieux que de publier des livres oubliés dès qu’ils paraissent.
On lui doit d’innombrables chansons. Et ce n’est pas un art mineur, contrairement à ce qu’a dit Gainsbourg.
Le quai Conti a accepté Dabadie mais pas Charles Trenet pourtant soutenu par François Mitterrand.
Dabadie aurait milité pour Trenet mais à l’époque il n’était pas “immortel".
Le talent - très grand- de Dabadie s’est aussi exprimé au cinéma.
Bon scénariste mais pas dialoguiste du niveau de Prévert, Jeanson, Audiard ou Spaak.
Autant on connait des refrains de Dabadie autant on ne connait pas un seul dialogue par coeur.
Il a aussi écrit des sketchs du niveau de ses chansons et de ses scénarii.
Il était très sympathique. Un sourire qui n’avait rien de commerçant.
Une très belle voix. Je le croyais du Midi mais c’était un Parisien 100 %.
J’ai failli faire une émission avec lui sur France Info car il aimait l’OGCNice mais je n’y suis pas allé car j’en avais une autre à faire sur CNews.
Il m’a semblé toujours jeune. Il n’avait jamais écarté le petit Jean-Loup Dababie de jadis.
Il a sans doute été un enfant très aimé. L’élégance de ne jamais se plaindre était sa signature. L’élégance du coeur.
Son talent de parolier restera. Comme disait Charles Aznavour: tout le monde oublie les paroliers, seules les paroles restent. Qui connait l’auteur de Parlez-moi d’amour ?
La vie a perdu quelqu’un qui maintenait le monde à bonne température, comme disait Louis Nucéra qui lui aussi dégageait beaucoup de gentillesse.

21.05.20

Permalink 10:51:51, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Les maîtres du XXe siècle: Blaise Cendrars

Immense poète. Immense HOMME.
A voir sur ARTE en replay l’émission sur lui. Au début, ils se trompent. Sur l’écran, on lit voix d’André Salmon alors que c’est Philippe Soupault.
Je n’ai pas connu Apollinaire et Cendrars mais le fait d’avoir été ami 10 ans avec Philippe Soupault ne les a rendus encore plus proches.
Des personnes de ce calibre cela nous redonne espoir dans le genre humain.
Trois coeurs purs.
Cendrars j’aurais pu le connaître. A la fin de sa vie, il a habité Saint-Second ! A Villefranche-sur-Mer. A 2 minutes vol d’oiseau de chez nous, au Col de Villefranche. Juste un trait de plume ! Hélas ! à six ans, je coloriais les images. Il faut un début à tout.
Cendrars ? Plus simple ? Pas possible.
Ecoutez plutôt:
“J’aime les faute de langage".
“J’écris, parce que…”
“Correct ou incorrect, je m’en bats l’oeil, du moment que cela soit vivant".
“J’étais déjà si mauvais poète que je ne savais pas allé jusqu’au bout".

Quand il a écrit L’Or, il l’a lu à son chien, et selon l’expression de sa frimousse, il réécrivait la phrase. Et tout cela est vrai !
Il a dit à Soupault: “Ecrire c’est superficiel, secondaire, l’important c’est de vivre la poésie".
Et aussi, j’attendais le temps de me libérer de l’écriture car écrire c’est “tomber dans une ornière".
Vous pouvez tout lire. Il n’a à jeter chez lui.
Il nous console de tous les prétentieux qui jouent à être écrivain.
Cendrars est MONUMENTAL.

[Post dédié à Jean-Marie Drot, journaliste TV considérable, auteur d’émissions historiques]

18.05.20

Le soir où Michel Piccoli (1925-2020) m'a raccompagné

La date ?
1984.
A Nanterre, il répétait avec Luc Bondy
Bulle Ogier, que je connaissais grâce à Claude Régy, m’a présenté à Michel Piccoli.
Pendant 1 heure, j’ai fait des photos de lui avec une bouteille de bière : Mort Subite.
Il ne connaissait pas cette marque. Il a aimé que je pense à ça.
Je lui ai dit qu’il faudrait faire un essai sur l’usage de la cigarette dans ses rôles. Il a rigolé !
En plus, je lui ai parlé de son père, violoniste Henri Piccoli qui joue dans Playtime de Jacques Tati. Il a été estomaqué que j’ai deviné que c’était son père.
Vers minuit, je l’ai laissé.
Je suis sorti du théâtre pour aller prendre la navette en vue de prendre le RER.
Il me voit, baisse la glace et me ramène à Paris.
Etre conduit par Michel Piccoli sans avoir d’accident comme dans Les choses de la vie, film de Claude Sautet d’après le livre de Paul Guimard.
Dans la voiture, on reparle.
Il me dit: “Les journalistes ne savent que je suis un acteur de théâtre. Le cinéma ce n’est pas mon métier. Le théâtre que j’ai eu tort d’abandonner, c’est comme un retour à la terre. Je suis un paysan".
Terre ? Cela tombait bien, il était en train de répéter 1984 : Terre étrangère d’Arthur Schnitzler, mise en scène Luc Bondy, à Nanterre où Patrice Chereau dirigeait les Amandiers.
Cette terre, c’est l’âme, la sienne et celles des autres.
A la défense, on voit Chéreau à un feu rouge.
Je baisse la glace pour qu’ils puissent parler par mon côté.
Après, il me dit: “Tant d’intelligence… Et maintenant, où va-t-il finir la nuit ? Cela me dépasse…”
Je lui réponds:
-"C’est notre Pasolini".
Lui: “Oui, vous avez raison".
Pour le reste c’est diffus. Je lui ai dit que l’usage de la cigarette dans les films de Sautet mérite une thèse. Cela l’a fait rire.
Je lui ai parlé de La Grande Bouffe. Film historique. Une siècle d’avance.
Sa voix… Il avait une voix encore plus forte que sa présence muette.
Un acteur-né. Pas quelqu’un qui faisait l’acteur.
Le Mépris. Sa façon de bouger.
Dans la jeune génération, Bertrand Bonvoisin était de son niveau, hélas ! il est mort trop jeune.
Michel Piccoli, un acteur ultra cérébral qui faisait du cinéma populaire.
Il jouait comme Alain Cuny mais il était perceptible comme Yves Montand.
Une très grande exigence.
Son Don Juan, version TV par Marcel Bluwal a marqué l’histoire de la TV française.
Tous les deux sont de 1925. Des gens de gauche avec un grand G.
Il n’a jamais reçu un César. Cela en dit long. Pas le roi de la reptation.
Me revient aussi sa colère contre le Bêbête show qu’il ne supportait pas.
L’annonce de mort (12 mai) avec six jours de retard…
Histoire de mourir tranquille. Lui disait: “Je n’irai ni en enfer ni au paradis".

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