17.10.19

Eagles. Live in the fast lane, d'Alexis Hache (Le mot et le reste)

Qui connaît le chanteur-guitariste as du synthétiseur Glenn Frey (1948-2016), les chanteurs-guitaristes Don Felder et Joe Walsh, le bassiste Randy Meisner, le batteur Don Henley, le guitariste Bernie Leadon et Timothy B. Schmit (chant, guitare basse et harmonica) ? On est peu nombreux à identifier tous ces musiciens comme étant des artistes du groupe Eagles, auteurs du mémorable “Hôtel California", écrit en 1976. Eagles a eu trois périodes : 1970–1980, 1994–2016, puis depuis 2017 avec Henley, Walsh et Schmit. Alexis Hache nous dit tout ce qu’il sait et ce que l’on doit savoir sur ces musiciens qui ont accompagné notre jeunesse. Les années 1970 ont été des très grandes années musicales avec des groupes étincelants, tels Eagles, Pink Floyd et Genesis. Certains boivent du vin des années 1960 ou 1980 pour replonger dans le passé, et pas à bas prix. Un bon vinyle voire une K7 suffit à faire office de machine à remonter le temps. Ces groupes sont magiques. Ils restent en fait très présents. Le country rock version Eagles n’est pas un vieux truc de jadis. C’est un art de vivre. Alexis Hache - un nom prédestiné aux années joints- nous permet de retrouver ses amis à la musique associée à la Californie des années peace and love.

-Eagles. Live in the fast lane, Alexis Hache. Le mot et le reste, 240 p., 20 €.

15.10.19

Permalink 06:33:31, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR  

Miroir du Temps,d'André Suarès (Bartillat)

Parmi les écrivains de sa génération, il est le seul à ne pas avoir écrit d’âneries politiques. Niveau éthique, il est inégalable. Son style est à la hauteur de ses exigences.

Le mot qui revient le plus souvent pour définir André Suarès (1868-1948) ? Prophète. Il lui va à merveille. On s’en aperçoit quand on lit ce qu’il a écrit sur Louis-Ferdinand Céline, époque «Voyage au bout de la nuit» (1932) : «La famine égare les pauvres furieux : ils ne rêvent que la fortune et la possession des biens». Nous sommes obligés de penser aux gilets jaunes qui se réjouissaient d’avoir ramassé un cendrier du Fouquet’s dans les vitrines fracassées de la célèbre brasserie. Dérisoire trophée qui trahit l’envie, la jalousie. Pitoyable société de consommation. Comme si manger une sole meunière-grillée à 85 € était la garantie du bonheur. A l’écart de la bassesse humaine d’où qu’elle vienne et notamment de l’élite «cette chienne de cour», André Suarès a passé sa vie à lire et à écrire, les deux activités essentielles du solitaire au regard perçant. Il nous a légué un torrent d’émotions qui débordent de tous ses écrits pour nous rendre moins ignorant. Ce qu’il dit sert de pont pour mieux comprendre tout ce qui nous entoure. 2020 n’est pas 1920, sauf que la terre est toujours habitée par des bipèdes dits humains . Loin de vouloir jouer un rôle de grand gourou des lettres, le Marseillais n’a jamais cédé à la compromission, ce fléau qui rend esclave auprès de gens qu’on finit par haïr parce qu’ils nous méprisent à force de les servir. Adversaire déclaré de tous les totalitarismes, le visionnaire a cultivé sans cesse son jardin dans l’œuvre des artistes qu’il estimait. Si vous ne connaissez pas Suarès -un des très rares écrivains qui n’a jamais déliré politiquement- n’escamotez pas l’éclairante préface de Stéphane Barsacq. Dans ce nouveau bouquet de textes on retrouve Chateaubriand, Dostoïevski, Péguy, Malraux mais aussi Véronèse et Debussy, auprès desquels Suarès fait office de décodeur. Quand il rédigea son testament, le polémiste de grande envergure précisa qu’il voulait pour épitaphe : «Il n’a vécu que pour l’amour et la beauté». Sa tombe est au Baux qu’il a tant aimés. Précision: Suarès voulait que pour les visiteurs le défunt soit signaler sous le nom de: Caërdal. Son double. Lui, il avait mieux à faire. Disparaitre on ne sait où. Un courant d’air.

-Miroir du Temps, André Suarès. Edition établie et préfacée par Stéphane Barsacq. Bartillat, 355 p., 25 €.

14.10.19

Permalink 16:31:46, Catégories: LA REVUE DE STRESS  

La revue de stress 12/10/2019

A partir de la 13e minute:

12.10.19

A voir et revoir: André Malraux, l'épreuve du pouvoir.

André Malraux, l’épreuve du pouvoir. Diffusé sur Arte
de Xavier Villetard
Produit par Georges-Marc Benamou et Jérôme Clément

Ce qui frappe dans ce document ? Les témoins ont disparu comme lui, en premier Roger Stéphane.
Il y a VGE présent lors de l’oraison à Jean Moulin mais l’ex président de la République devenu académicien est autant écrivain que je suis spécialiste des statues aztèques.
Ce documentaire est excellent. Le vrai Malraux y est présent. Ni hagiographie ni descente en flammes. L’homme dans toutes ses contradictions mais on peut tout lui pardonner parce que Malraux était un authentique écrivain. Pour s’en rendre compte, il suffit de penser à ce mot d’esprit prononcé à sa descente d’avion:
-"Ne pouvant pas embrasser tout le monde, j’embrasse le Bengladesh sur un seul visage". Et il s’exécuta.
A la vérité, Malraux est devenu ministre grâce au général de Gaulle qui voulait que son ami soit enfin rémunéré régulièrement.
La mort a marqué sa vie: père suicidé, décès par accident de la mère de ses deux fils qui périrent ensuite, ensemble, en voiture.
Emmanuel Berl m’a dit: “La différence entre Malraux et moi ? J’ai fait la Première Guerre mondiale. Pas lui…”
Dans le documentaire, d’aucuns apprendront que Malraux n’a jamais dit:
-"Le XXIe sera religieux ou il ne sera pas".
En revanche, il a dit que nous sommes “la première civilisation sans valeur suprême", ce qui revient un peu au même.
Regardez, svp, le documentaire. Tout y est. Moins d’une heure pour retracer le parcours d’un des plus beaux esprits du XXe siècle.
Même quand il nous agace, il reste passionnant.
Quand il parle, il est toujours magique. Sa culture n’est jamais barbante.
Sans diplôme, l’autodidacte en savait plus que n’importe quel universitaire illisible, inaudible.
Aujourd’hui, on ne connaît même plus le nom du ministre de la culture.

A lire:
-Entre ici Jean Moulin, Aude Terray. Grasset, 196 p., 17 €.
-André Malraux-Charles de Gaulle: une histoire, deux légendes, Alexandre Duval-Stalla. Folio, 423 p., 8,20 €
-Malraux face aux jeunes. Mai 1968, avant, après. Entretiens inédits. Folio, 200 p., 2 €
-Lettes choisies 1920-1976, André Malraux. Folio, 430 p., 8,20 €
-Malraux. Dictionnaire de l’imaginaire, Jean-Pierre Zarader, Klincksieck, 332 p., 35 €
-L’homme des ruptures, Alain Malraux. Ecriture, 222 p., 18 €

Permalink 09:54:39, Catégories: LITS ET RATURES, VAN GOGH FOR EVER  

Lautrec, Matthieu Mégevand (Flammarion)

Frappé par une maladie qui l’empêcha de grandir, Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901) semble avoir été précisément touché par cette maladie comme pour manifester un refus de devenir adulte. L’enfance fut si belle qu’il voulait ne jamais la quitter. Enfant, on dessine, et après stop au travail ! Lui, non, il a dessiné encore et encore. C’est l’une des plus grandes figures de Montmartre. Dans la prose du biographe, il est appelé : «nain, gnome, nabot »… Cela fait mal. On imagine la vie qu’il a eue. A Paris, il fréquente le monde du spectacle, de la nuit, les bordels. Il finit avec la syphilis à 36 ans. Quelle fin sinistre ! Lautrec aimait peindre des gens. La nature morte lui était indifférente. Il avait l’art de restituer l’essentiel avec peu de traits quand il faisait ses célèbres affiches du Moulin Rouge. Le maestro buvait comme quinze ! Il a cramé sa vie. Une existence consacrée à la peinture, sa raison de vivre. Lire la vie de Toulouse c’est passer du temps avec un ami. Un ami de talent, de grand talent. Beaucoup de peintres de premier plan ont puisé dans ses tableaux leurs œuvres à venir.

-Lautrec, Matthieu Mégevand. Flammarion, 190 p ;, 17 €.

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