11.11.19

Permalink 10:38:21, Catégories: LITS ET RATURES, ANQUETILLEMENT  

Camps (Nice-Matin) & Laborde (Nouvelle République des Pyrénées) aiment Vintage Vélo Club, de Bernard Morlino (Gründ)

Gino Bartali et Fausto Coppi. Je les aime autant que Rembrandt et Baudelaire. Je prends mon miel au bon me semble. Suis-je passéiste ? Non ! Les livres sur les sportifs en activité ne sont que de la basse communication. Je préfère écrire un bel album qu’un exécrable roman. Et surtout, je n’ai pas dit mon dernier mot. (Mon préfacier s’exprime de l’au-delà, grâce à notre correspondance, ses chroniques parues et autres textes. Un puzzle émotionnel).

Philippe CAMPS, Nice-Matin, 27 octobre 2019 :

-"Bernard Morlino ? Faut le suivre. C’est un passionné. L’écouter est un régal. Le lire un plaisir. Après le football et le rugby, il s’attaque au vélo. Les champions, les oubliés, le Tour, les classiques, le Ventoux, le dopage, les exploits, les défaillances : tout y passe. Plus qu’un livre, c’est un album de famille, une bible, un voyage dans le temps. Bernard Morlino est écrivain, biographe, chroniqueur littéraire, blogueur, consultant, fou, génial et Niçois. Bref, il n’a que des qualités. Grâce à lui, le passé n’est jamais vieillot. Le vélo non plus. Huit mois avant le grand départ du Tour à Nice, il serait inconscient de ne pas se procurer Vintage Vélo Club. C’est un conseil d’ami".

Christian LABORDE, La Nouvelle République des Pyrénées, 9 novembre 2019:

-"Le Père Noël a, cette année, deux mois d’avance. Serait-ce le dérèglement climatique ? Non, juste Bernard Morlino qui est en librairie. Les livres de Morlino sont toujours des cadeaux. Morlino connaît la langue française, possède une mémoire d’enfant, c’est-à-dire d’éléphant. Il se souvient de tout et de tous, des vélos Helyett que chevauchait Darrigade, de la chute de Roger Rivière, en 1960, dans la descente du col du Perjuret, des mots de Raymond Mastrotto, des artistes qui, d’ Yvette Horner à Dustin Hoffman en passant par Joséphine Baker, ont fait un tour sur le Tour. De très belles histoires, de très beaux portraits, servis par une iconographie savoureuse – la photo de Rik Van Steenbergen, page 182 par exemple ! – et par une mise en page qui relève de la mise en swing. Un livre coloré donc, et animé. Animé, oui, comme un dessin animé. Et animé parce qu’il a de l’âme, ce book !”

-Vintage Vélo Club, Bernard Morlino. Préface de Louis Nucéra. Gründ, 188 p., 24, 95 €.

10.11.19

Permalink 11:44:12, Catégories: BALLES NEUVES, GRAND MONSIEUR, GRANDE DAME  

Les Françaises remportent une très grande finale de Fed Cup 2019, guidée par une lumineuse Kristina Mladenovic

Lors du match A. Barty - K. Mladenovic pas une seule seconde, on ne s’est dit: “C’est du tennis féminin". Non, il s’agissait du tennis tout court. Du tennis de très haut niveau.

Finale de Fed Cup 2019
Week-end du 9 novembre
Lieu: Australie
France 3-2 Australie

Matchs
A. Tomljanovic (A)- K. Mladenovic (F): 1-6/ 1-6
A. Barty (A) - C. Garcia (A): 6-0/ 6-0

A. Barty - K. Mladenovic: 6-2/ 4-6/ 6-7
A. Tomljanovic - P. Parmentier (F): 6-4/ 7-5

A. Barty & S. Stosur - K. Mladenovic & C. Garcia: 4-6/ 3-6

Capitaine des Bleues: Julien Benneteau

Une éblouissante Kristina Mladenovic a contribué grandement à faire gagner la France en finale de la Fed Cup.
La championne française a remporté ses trois matchs haut la main: ses deux simples, plus le double.
Elle a d’abord donné l’avantage à la France.
Ensuite, elle a redonné l’avantage dans un match-clef. Malmenée par A. Barty, elle a su égaliser un set partout avant de s’imposer dans le tie-break de façon impériale, avec des gestes de classe devant l’actuelle numéro 1 mondial.
Et pour finir, elle a participé au match décisif, celui en double.
Sur le podium, au moment de la Marseillaise de toute beauté- chantée à l’unisson par des compatriotes transcendées par leur performance commune- la leader charismatique a éclaté en sanglots.
Magnifique de bout en bout. La grâce en mouvement.
Un très grand moment de sport français.

08.11.19

Permalink 17:20:43, Catégories: LITS ET RATURES, GRANDE DAME  

Voyage au bout de la vie de Mme Lucie Almansor (1912-2019)

Elle était née avant mes parents ! Je ressens le mouvement de la mer -sans jeu de mot- qui s’en va pour me plus jamais revenir.

Madame Lucie Almansor s’est éteinte vendredi 8 novembre 2019.

Elle avait 107 ans !

A la mort de son mari, Louis-Ferdinand Destouches alias Céline, le 1er juillet 1961, elle a fait graver sur la pierre tombale:

«LUCIE DESTOUCHES, NÉE ALMANSOR
1912-19..»

Désormais, nous savons:

«LUCIE DESTOUCHES, NÉE ALMANSOR
1912-2019»

Cette grande dame était extraordinaire. Non pas du fait d’être l’épouse du plus grand pamphlétaire de son temps.

Elle était extraordinaire parce qu’elle était extraordinaire.

Elle était né danseuse comme son mari était né écrivain.

Cela nous change de tous les imposteurs, d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

[Post dédié à Marc Laudelout, François Gibault, Pierre Monnier, Eugène Saccomano, Roger Nimier, Marcel Aimé, Mme Arletty, Michel Simon, Robert Le Vigan et à “Bébert".]

07.11.19

Permalink 10:55:56, Catégories: LITS ET RATURES, GRAND MONSIEUR, VAN GOGH FOR EVER  

Le sourcier de Giono, Lucien Jacques. Sous la direction de Jean François Chougnet, avec Jacques Mény et Jacky Michel. (Actes Sud)

La simplicité implacable de Jean Giono. Marcel Pagnol n’a pas le monopole de la Provence. Ils sont deux à la représenter le mieux possible. Dans toutes les crèches, il devrait y avoir leur santon respectif. Pagnol, Giono… Deux soleils dans un même ciel, celui de l’hymne à la vie.

Retrouver Giono c’est toujours une joie, un bonheur renouvelé. Comme il nous manque avec sa bouffarde et ses yeux, ses grands yeux, ses beaux yeux, comme si le bleu de la mer et le bleu du ciel étaient réunis dans un seul homme. Je n’ai rien à dire à ceux qui n’aiment pas Giono. Peut-on ne pas aimer la vie ?
Le voici réuni avec son ami Lucien Jacques, graveur, peintre, poète, tisseur, éditeur… On pourrait penser que c’est Giono qui le découvrit mais ce fut l’inverse. Artiste apprécié par Jacques Prévert, le touche-à-tout Lucien Jacques avait des mains en or. Son trait, sa peinture, pour vous donner une idée, tient à la fois de Marquet, Cézanne, Derain, Matisse… Cela vous va ?
Pas de mensonge. Il ne triche pas avec ce qu’il voit. Il rend vivant, pas bêtement ressemblant, comme le souhaitait Bonnard. Physiquement, il a l’allure qui ne sent pas les couloirs de ministères ! Il dégage de la paysannerie tels Joseph Delteil et Gaston Chaissac.
Voir un paysage de Lucien Jacques, c’est lire une page de Giono. Les deux artistes provençaux sont les deux côtés d’une même médaille : l’authenticité, la haine du travail mal fait, la joie de vivre, le bonheur de regarder une fleur, de voir se poser un papillon sur une branche de mimosa, le bruit d’un ruisseau, la fraîcheur de l’eau de source qui jaillit d’un fond sablonneux, et la mélancolie de la fin de l’été qui ne veut pas devenir automne. Lucien Jacques savait que Giono était un Dostoïevski égaré dans un champ de lavande tandis que Giono était content de se retrouver avec un poète pictural qui n’avait pas la désastreuse ambition des pitoyables sans talent qui pullulent dans la capitale à la recherche d’une notoriété éphémère car ils savent que la postérité sera impitoyable avec eux.
Jean Giono et Lucien Jacques avançaient leur grâce commune pour se protéger de la pesanteur des faux artistes, simples promoteurs de produits dits culturels.
L’art est au-dessus de la culture. Le très beau catalogue sur l’exposition Lucien Jacques nous le prouve.

-Le sourcier de Giono, Lucien Jacques. Sous la direction de Jean François Chougnet, avec Jacques Mény et Jacky Michel. Actes Sud, 128 p., 28 €.

Exposition au musée Regards de Provence, 29 octobre 2019-17 février 2020, en même temps que l’exposition Giono,avec 300 documents sur l’univers de Giono qui oscille entre création, travail, pacifisme, amitié avec les peintres, refuge dans la nature, évasion dans l’imaginaire et surtout amour de la vie.

Mucem: 1, Promenade Robert Laffont, 13002 Marseille ·Téléphone: 04 84 35 13 13

05.11.19

Permalink 14:03:54, Catégories: LITS ET RATURES  

Germaine Berton. Une anarchiste passe à l’action, Frédéric Lavignett (L’Echappée)

Le 22 janvier 1923, une jeune femme de 20 ans, Germaine Berton, assassine Marius Plateau, des Camelots du Roi, dans les locaux du journal L’Action française. Un geste meurtrier pour venger Jean Jaurès assassiné le 31 juillet 1914, contre l’occupation de la Ruhr et contre le fascisme. Elle sera acquittée. Depuis la polémique est toujours là: pour certains, elle a été instrumentalisée, pour d’autres c’est une héroïne désespérée. Fait divers ? Acte politique ? Crime d’une désœuvrée ? Acte insensé d’une révoltée ? Tout le monde voit midi à sa porte.

Déjà auteur d’un splendide album consacré à La Bande à Bonnot (Editions Fage, 2008. 628 p., 38 €) - historique à tous les niveaux, fond et forme- Frédéric Lavignette en consacre un autre à Germaine Berton (1902-1942)- dans une maquette moins exceptionnelle mais qui tient la route dans son genre. L’exigence est au rendez-vous, grand travail. Cette indomptable, née en 1902 est morte le 4 juillet 1942 le jour de l’enterrement de Léon Daudet qu’elle avait toujours voulu … assassiner ! Il est fort probable que Germaine Berton se soit suicidée. Suicide ou trop d’absorption de médicaments, car elle est morte à l’hôpital ? Meurtre déguisé en suicide ? Tout reste possible avec ce destin hors normes.
Avant de mourir, elle a eu la joie d’apprendre le décès du pamphlétaire royalo-nationaliste qui hantait les nuits et les jours de l’ouvrière-syndicalistes dont la biographie est pleine de bruit et de fureur. Lors d’une manifestation, elle est blessée d’un coup de sabre. Membre de l’Union Anarchiste, en 1922, elle finit par adhérer aux groupes des anarchistes individualistes du 14e arrondissement de Paris. Le 22 janvier 1923, elle tue Maurice Plateau, chef des Camelots du roi, qui s’est trouvé sur la route de la révoltée à défaut de Daudet ou de Charles Maurras.
«La» Berton voulait en finir avec les antisémites. Lors du procès à fort retentissement elle bénéficie d’un acquittement le 24 décembre 1923, grâce à son avocat, le célèbre Henry Torrès. Un cadeau de Noël qui ne plait pas à tout le monde. L’année suivante, on la coffre pour «port d’armes prohibées, menaces et outrages à agents dépositaires de l’ordre et excitation au désordre». Suite à une grève de la faim et à une tentative de suicide, elle est libérée, se marie en 1925, et disparait des radars jusqu’à l’annonce de sa mort, dix-sept ans après son retrait de la scène de l’actualité selon l’expression d’usage.
Tout l’album passe en revue tout ce qui touche de près ou de loin l’assassinat commis par «La» Berton, notamment le contexte historique, avant et après son geste meurtrier. Le travail de Frédéric Lavignette a consisté à récolter tous les éléments du faits-divers qu’il a décortiqué dans tous les sens. L’iconographie nous transporte dans le temps. La typographie est parfaite. Nous y sommes. On se croit dans l’époque décrite. On voit même Marius Plateau en costume sur la table d’autopsie ! Le limier Lavignette a retrouvé tous les domiciles de l’anarchiste. On peut voir les photographies des obsèques de Maurice Plateau.
D’aucuns seront surpris d’apprendre que les jeunes poètes Louis Aragon, André Breton et Philippe Soupault sont du côté de Germaine Berton. Ils disent en chœur que la mort de Maurice Plateau est «un accident du travail», mot d’Aragon, un des princes de l’insolence. Parmi les documents qui nous retournent les sens : Sarah Bernhardt dans son cercueil. Jamais je n’avais vu la comédienne morte. Je n’en suis toujours pas revenu. Dans l’affaire Berton survient l’affaire Philippe Daudet, le fils du pamphlétaire, retrouvé «suicidé» dans un taxi, comme l’annonce la presse le 3 décembre 1923. Contre toute attente, on apprend que l’adolescent était un… anarchiste qui admirait Germaine Berton ! Le cran de “La” Berton avait été perceptible le premier jour de son procès où elle sortit une petit miroir pour se recoiffer comme si elle était seule dans sa chambre. Au procès, Léon Blum est venu dire que Jaurès aurait demandé l’acquittement de son assassin car le “sang ne lave pas le sang". Blum était du côté de Germaine Berton et surtout contre l’Action française: “La seule vengeance qui aurait satisfait Jaurès, c’eût été qu’une pensée de remords s’éveillât dans l’âme de son assassin“. Le procès se suit pas à pas, mot à mot, dans cet album de très haut calibre.

-Germaine Berton. Une anarchiste passe à l’action, Frédéric Lavignette. L’Echappée, 283 p., 24 €.

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